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Andy Warhol au Brooklyn Museum et party privé


JUL. 2010
par Stéphanie Normandin

Anecdote. Lorsqu’on est nouveau dans une ville, on se cherche des amis. C’est vrai. Alors, on dit oui à tout. Donc, quelques ‘’oui’’ plus tard, je rencontre un nouvel ami, Sean. En plus d’être très gentil et bien à l’affût de tout ce qui se passe, il travaille en relations publiques. Invitée à quelques-uns de ses événements, je me suis toujours bien amusée. Un soir, je reçois un texto de sa part : ‘’Andy warhol exhibition launch party at Brooklyn Museum. 7pm.’’Je n’allais pas rater ça! Arrivée dans Prospect Park, quartier très hot de Brooklyn, attriquée pour un ‘’private party’’, chaussée de talons hauts, je me suis vite rendu compte qu’il y a bel et bien une expo de Andy Warhol et un party au Brooklyn Museum, mais l’un n’avait rien avoir avec l’autre. Le party a lieu tout les premiers samedis du mois, à l’extérieur du Musée de Brooklyn, et croyez-moi, il n’y avait rien de ‘’private’’ au party. On a dansé avec la foule sur du gros hip hop toute la soirée. Une chance, j’avais d’autres chaussures…

J’en ai tout de même profité pour aller voir l’expo Andy Warhol – the last Decade. Plusieurs séries de toiles y sont exposées. Thèmes : répétitions et portraits. Le travail présenté est celui de l’artiste américain dans les 10 dernières années de sa carrière, période durant laquelle le Pape du Pop s’est consacré à l’art abstrait, joignant ainsi peinture à la main et techniques de projection screened image. Cette période des plus prolifiques fût également une période de toiles surdimensionnées. Œuvre impressionnante à voir: sa version de la peinture The Last Supper de Leonardo DaVinci.

L’expo a lieu jusqu’au 12 septembre prochain, au premier et cinquième étage du musée.

Visitez le site de l'exposition

Le Festival Montréal en Lumières @ La Tohu


JUL. 2010
par Alexandre Poulin

Pour cette première collaboration avec Triptyqu3, on m’a demandé de couvrir le Festival Montréal en Lumières. Connaissant la volonté de ce site à présenter une orientation différente et novatrice de la scène culturelle, je me suis donc mis à la recherche de l’évènement le plus singulier du festival.

Tout d’abord, il ne faut pas omettre que le FML, qui en est à sa 11e année, est d’abord organisé autour d’un filon gastronomique mettant en vedette un pays à chacune de ses éditions; le Portugal étant mis de l’avant cette hiver. Alors quelle surprise de tomber, en feuilletant la programmation, sur la nouvelle création du collectif circassien montréalais Les 7 doigts de la main! Entre une représentation de Misia (jeune bombe portugaise emplumée), une bonne paëlla aux fruits de mer bien arrosée de porto et une guimauve grillée au feu de bois dans le Vieux-Port, pourquoi ne pas se payer une soirée au cirque?! On aime la diversité.

C’est ainsi que l’on se retrouve à la première mondiale de la création Psy de cette compagnie de cirque fièrement montréalaise. Fondés en 2002, Les 7 doigts de la main ont produit jusqu’à maintenant trois projets internationalement reconnus : Loft, Traces et La Vie. Tentant de repousser sans cesse les limites du cirque contemporain, cette compagnie innove tant par la configuration scénique que prend ses créations (un appartement, un bunker cabaret-spectacle, un purgatoire…) que par le caractère urbain et trashi-burlesque de son univers.

Présenté comme l’exploration des « profondeurs denses et surréalistes de la psyché humaine », Psy nous intrigue au départ par le côté sombre de son investigation. À peine entre-t-on dans la Tohu que l’on se fait offrir, par des pseudo-psychiatres en sarrau, une médicamentation adéquate afin de ne pas souffrir d’amnésie ou de crise d’hystérie durant la représentation. Super, nous aurons donc une soirée forte en émotions! Dès le début de la représentation, un narrateur décompose l’assistance en une série de statistiques nous indiquant que 30% de la salle souffre de maladies mentales ou que tel pourcentage sera soumis à des tendances psychotiques au cours du spectacle. D’accord, j’ai tout compris, je suis donc ici pour me faire psychanalyser!

Voilà que les premiers numéros débutent et je suis franchement rassuré! Devant des psychothérapeutes complices, ce seront plutôt les personnages qui, souffrant d’agoraphobie, des troubles obsessionnels compulsifs, d’hypocondrie ou encore de paranoïa, se feront analyser et exorciseront leur maladie par d’athlétiques exercices de cirque. Le fond de la scène, servant au départ d’écran pour des projections psychédéliques, ouvre soudainement ses parois pour faire place à un espace multi-usages où ces artistes déséquilibrés iront tour à tour exercer leurs numéros. Trapèze, jonglerie, main à main, corde lisse : tout y passe. Nos coups de cœur seront sans aucun doute ce mystérieux flash-back d’un petit garçon à une fête d’enfant, où une de ses petite-amies transforme le jeu de la queue de l’âne en jonglerie de couteaux explicitement masochiste. Sur une trame électro, la jeune blondine se déhanche en transformant l’ambiance enfantine en festival du gore. C’est trash, l’univers sonore en remet, on aime! Deuxième image sensationnelle : cette danse d’insomniaques sur mât-chinois qui s’enlacent et s’endorment à des mètres de hauteur et sans aucune protection. Le dernier moment fort de la représentation va à ce tour de roue allemande. Avec une projection vidéo suggérant un univers urbain flou et une trame nous présentant un encorbellement de voix off incompréhensibles, ce numéro semble nous présenter l’aliénation mélancolique du malade – l’artiste souffrant ici de dépendance. On a l’impression qu’il joue dans l’abcès de la maladie, tout en n’étant incapable de le crever; il tourne en rond, se détache, s’empare de la roue qui s’immobilise brusquement. Ce n’est pas lourd, au contraire, une fraîcheur se dégage de ce numéro, comme pour le reste de la pièce.

Je dis « pièce » car on a bel et bien l’impression de se trouver au théâtre. La psychologie des personnages qui est ici à la source même de la création de Psy, nous propose un cirque déjanté qui s’écarte du cirque traditionnel et se positionne à cheval entre le cirque et la production théâtrale. Le collectif Les 7 doigts de la main propose une création qui réinvente la tradition circassienne, et les éléments multimédias y sont pour quelque chose. Mise à part la finale abrupte, la longueur de la représentation (près de deux heures trente entracte inclus), la surenchère de personnages sur scène à quelques moments et le manque de fluidité entre certains tableaux, nous avons été charmé par le talent des ces artistes et l’inventivité qui se dégage du lot. Pour tous ceux qui ne sont pas allés au cirque depuis leur tendre enfance, Psy renouvellera véritablement votre perception de cet art, du moins, dans la première partie du spectacle. Le retour de l’entracte étant moins novateur.

Fort heureusement, aucune psychose ne fut vécue dans l’assistance. Cette véritable thérapie de groupe mise en scène semble au contraire avoir calmé nos dérèglements psychiques car au final, nous sortons de cette cure fortement rétablis, et agréablement éblouis.

GUERRILLA GIRLS


JAN 2010
par Stéphanie Laoun

GUERRILLA GIRLS TROUBLER LE REPOS / DISTURBING THE PEACE À LA GALERIE DE L'UQAM PRÉSENTÉE DANS LE CADRE DU VINGTIÈME ANNIVERSAIRE DE LA TUERIE DE L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE

Le vendredi 4 décembre 2009, à la galerie de l'uqam, j'ai pu assister à un moment historique dans le domaine de l'art féministe. L'événement en question était le vernissage des Guerrilla Girls, Troubler le repos / Disturbing the Peace; une exposition portant sur la commémoration du vingtième anniversaire de la tuerie à l'École Polytechnique. Même si l'oeuvre ne déborde pas d'esthétisme, elle dénonce toutefois des paroles sexistes et offensives, qui peuvent en choquer plus d'un. La controverse en art politique est un thème souvant abordé par les Guerrilla Girls. Si les Guerrilla Girls sont inconnues pour vous, ces dernière forment un collectif d'artistes féministes, anonymes. créé à New York durant le milieu des années 1980. Le collectif a su répandre ses idées partout à travers le monde, notamment en Chine et au Mexique, et a su collecter des admirateurs à Montréal, comme ailleurs.

La première visite des Guerrilla Girls en sol québécois fut pour le moins marquante. La Galerie de l'UQAM a fait preuve d'audace en présentant une oeuvre spécialement conçue pour le vingtième anniversaire de la tuerie à l'École Polytechnique. Cette exposition est un moment marquant dans l'histoire de l'art féministe, non seulement d'un point de vue locale mais aussi international.

L'esthétique quasi inexistante de l'oeuvre peut être expliqué par un manque de fonds significatif. La plupart des oeuvres des Guerrilla Girls consistent à de simple panneaux d'affichages avec des images montrant une parodies à la culture populaire. Ce genre de projets demandent beaucoup de fonds afin de pouvoir se permettre les droits d'auteurs d'images populaires. Néanmoins, l'oeuvre présentée à la Galerie de l'UQAM fut imprimée à plus de 2500 exemplaires qui furent tous affichés publiquement sur des murs partout dans la ville de Montréal. On peut donc facilement constater que la majorité de l'appuis financier fournit pour l'oeuvre fut dépensé sur la distribution du message plutôt que sur son mérite visuel.

Le vernissage de l'exposition des Guerrilla Girls Troubler le repos / Disturbing the Peace à la Galerie de l'UQAM, le vendredi 4 décembre 2009, fut d'après moi l'événement majeur de l'année 2009 en art visuel à Montréal. Quel moment historique et quel honneur d'y avoir assisté!

Pour voir les images des oeuvres présentées à la Galerie de l'UQAM ainsi que les deux membres du collectif, veuillez visiter le site web de l'UQAM à l'adresse suivante : http://www.uqam.ca/nouvelles/2009/galerie-photos.htm.

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